Pour ce tout premier article, je ne peux résister à l'envie de vous parler d'une vallée à laquelle je suis tout particulièrement attaché : Le Valgaudemar !
Il s’agit d’une petite vallée assez encaissée au nord du département, située en bordure ouest du parc des écrins. L’écart d’altitude entre le fond de la vallée et son point culminant est assez gros, pour une vallée plutôt étroite, ce qui favorise tout de suite une ambiance plutôt sauvage. On enchaîne très vite les différents espaces entre les bords de la Séveraisse plutôt verdoyants, et les glaciers abrupts aux pieds de sommets, donnant rapidement accès à des ambiances haute montagne pouvant être austère, voire parfois hostile. Bref une vallée authentique et sauvage !
L’idée que j’ai pour cette escapade est assez simple : j’ai envie de ramener une petite série d’images du lever de soleil. J’ai en tête quelque chose d’assez classique finalement. J’aime bien mêler le contraste entre la beauté d’un lac en premier plan et l’austérité de sommets aux arêtes acérées…
Le lac du LAUZON, bien connu des locaux se prêterait à merveille à cette idée. Orienté plein est, avec vu sur les grands sommets comme les Bans ou le Sirac, je pense qu’on à tous les éléments : un lac, une chaîne de hauts sommets qui commencent à blanchir en automne et le soleil qui percé derrière eux.
Il ne me reste plus qu’à préparer mon sac et c’est parti…
Le lac du LAUZON est situé à 2008m d’altitude. Le départ de cette petite randonnée familiale est au niveau du Chalet-Hôtel du Gioberney à 1650m d’altitude. Donc rien de bien compliqué n’est à prévoir, mais si je veux être au lac pour le lever du soleil, je dois quand même anticiper un minimum.
J’attaque donc sur les coups de 4h30, en pleine nuit à mi octobre. Les choses ne se présentent pas au mieux à ce moment là. Au fur et à mesure que je m’approche du départ, je m’enfonçe dans une brume de plus en plus épaisse. Bon, pas la peine de se faire du souci, soit ça se lève d’ici à ce que le soleil arrive, soit je tenterai de m’amuser avec ces ambiances nuageuses que j’affectionne particulièrement.
J’attaque donc sur les coups de 4h30, en pleine nuit à mi octobre. Les choses ne se présentent pas au mieux à ce moment là. Au fur et à mesure que je m’approche du départ, je m’enfonçe dans une brume de plus en plus épaisse. Bon, pas la peine de se faire du souci, soit ça se lève d’ici à ce que le soleil arrive, soit je tenterai de m’amuser avec ces ambiances nuageuses que j’affectionne particulièrement.
Ce n’est pas la première fois que je randonne en pleine nuit, mais là nuit noire à laquelle s’ajoute une brume épaisse, je dois dire que c’est particulier. Malgré le fait que je connaisse ce coin très bien, je n’ai aucun point de repère car je ne vois pas à plus de 2 pas devant moi. Mais peu importe il faut que j’avance.
Cette brume, qui m’entoure et m’enveloppe, semble cependant jouer avec moi. Par moments, elle est si épaisse que je me demande si je ne pourrais pas l’attraper, puis à d’autres moment elle s’affine, si bien que je pourrais penser qu’elle est en train de se lever. Mais finalement ce n’est que pour mieux me happer à nouveau, cinq pas plus loin. Ça laisserait presque imaginer que j’évolue dans une mer agitée dont les vagues me submergent au gré des courants.
Et ce manège dure jusqu’à ce que, soudain, je sorte la tête de l’eau. J’ai presque envie de reprendre mon souffle, que ce soit pour respirer après une longue apnée, ou pour contempler le Sirac, colosse majestueux qui jailli sous mes yeux, magnifié par la voûte céleste qui le couronne. Le chasseur Orion semble l’enjamber avec tant de facilité, lui-même étant poursuivi par le Grand Chien.
Bref avec cette vision sous les yeux, j’avoue que j’ai fixé dans ma mémoire ce panorama que je compte bien immortaliser à l’avenir…
De ce fait, passant au-dessus de cette mer de nuage, tout est réuni pour un joli spectacle une fois arrivé sur place. Mais il me reste encore un peu de chemin à parcourir. L’humidité qui se mêle au froid maintenant que la couche de nuages n’est plus la, le vivre se met à craquer joliment sous mes pas, donnant une touche légèrement plus hivernale à cette escapade.
Le plateau sur lequel est niché le lac à gardé des traces clairsemées des récentes chutes de neige. Cette ambiance de transition entre les saisons, va me donner de quoi m’occuper un peu pendant l’heure bleue précédant le lever du jour.
L’heure bleue, comme son nom l’indique, c’est ce laps de temps qui précède le jour. La nuit laisse sa place, mais le soleil n’est clairement pas encore là, dévoilant ces ambiances à mi chemin entre l’ombre et la lumière où tout l’environnement est comme drapé dans un voile bleuté. C’est un moment que j’apprécie tout particulièrement et je pense que j’en parlerai certainement à l’occasion dans d’autres articles.
C’est un moment propice je trouve, pour explorer et tester. Les lueurs naissantes sont suffisantes pour essayer différentes compositions. De ce fait, je passe ces instants à vadrouiller tout autour du lac. Ici le reflet pur du Sirac dans le lac, là, la mer de nuages qui m’engloutissait peu de temps avant est maintenant sous mes pieds.
Le silence à ce moment est un élément qui prend une dimension particulière, on se sent hors du temps, plus rien d’autres n’a de prise sur nous que cette nature sauvage …
… jusqu’à ce que l’un des hôtes des lieux ne se manifeste. Un chamois, qui descend pour boire, se fait remarquer par ses chuintements si caractéristiques. Tout est en place pour le lever du soleil, l’appareil sur son trépied, le grand angle est monté, les réglages sont prêts, mais l’occasion est trop belle, le chamois joue à cache-cache avec les rochers. Tant pis je bascule sur le téléobjectif et je tente de prendre une photo du maître de lieux. D’autant que la lumière arrive à grande vitesse au point qu’elle l’éclaire déjà. Mais c’est à ce moment que je réalise que n’ai plus une seconde à perdre si je veux attraper le soleil léchant les crêtes qui me surplombent, ce qui me permettra d’avoir un beau soleil étoilé. Je me suis laissé distraire par ce chamois, en ne faisant pas attention au fait que le moment que j’attendais depuis un bon moment était sur le point d’arriver, dans les quelques secondes qui suivent. Ainsi, plus le choix, ni le temps de me réinstaller, tant pis pour le trépied, je me jette parterre pour être le plus bas possible et attraper le soleil qui émerge de la crête.
Voici l’image que je voulais ramener : malgré le petit temps d’inattention, et la prise de vue « à l’arrache », le résultat me satisfait pleinement.
Le soleil bien étoilé, les lueurs du lever, un lac d’altitude, des sommets enneigés et la brume en fond de vallée, tout est là !
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Guillaume de Bouillanne